Entretien avec un groupe de jeunes

Propos recueillis par Lucie Delalain
Partie 1 – Le nom, les valeurs et l’amitié
Partie 2 – Les rencontres créatives, les expériences et l’organisation
Partie 3 – L’impact, les fruits et l’ouverture
Lucie : Vous êtes un groupe de jeunes amis qui se retrouvent régulièrement pour des activités. Et par vos informations, nous saisissons l’essentiel de votre démarche et de vos motivations… Mais pouvez-vous en dire un peu plus sur votre fonctionnement, et raconter quelques expériences… ?
Les Abeilles : Oui, nous acceptons !
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Vous vous appelez Les Abeilles, pourquoi avez-vous choisi ce nom ? Quelle signification a-t-il pour vous derrière ce symbole/logo ?
Charlotte : Le nom des Abeilles, il est venu pendant un partage que nous avons fait tous ensemble alors que nous cherchions un nom. On se demandait ce que nous représentons… Et la seule chose que nous avons vraiment défini, c’est : la fraternité. Nous voulions un nom qui tende vers cette qualité, qu’elle soit au centre. Alors nous nous sommes rendu compte que les abeilles, c’était une communauté, un groupe, une famille un peu comme nous, qui apportait leurs fruits, le miel à leur reine.
Et nous, notre reine c’est notre idéal, c’est la Fraternité : nous sommes des abeilles qui vont servir la fraternité. Notre nom va représenter chaque abeille dans son unicité, qui apporte ses fruits pour aider la jeunesse, et qui vont vers leur reine, pour servir un grand idéal de Fraternité tous ensemble, car c’est notre souhait profond. Et on cherche à se regrouper autour de ça, afin de former une petite ruche de jeunes, qui peuvent s’entraider, s’écouter, partager plein de choses entre eux.
Au premier abord, on pourrait croire que vous êtes une équipe d’apiculteurs ou de défenseurs des abeilles, mais vous n’y avez donc pas pensé ?
Charlotte : Pas du tout ! Et c’est aussi grâce à une carte de tarot sur les animaux : il y en avait une petite qui expliquait les abeilles, elle retraçait qu’une abeille est une force individuelle au service de plus grand. Et cela nous avait vraiment beaucoup marqués, et c’est ce que l’on voulait défendre.
Le logo en lui-même est venu lors d’une méditation que nous avions faite tous ensemble, et c’était précisément le jour où nous avons vraiment décidé de créer notre groupe. J’en ai parlé à certaines personnes pour savoir si elles étaient d’accord que j’essaie de le retranscrire. Le but dans ce logo, c’était justement de faire le lien entre la fraternité et les abeilles, d’où la rose qui est la fraternité, et l’abeille qui vient se poser dessus pour lui ramener ses fruits et la faire grandir.
Vous êtes un groupe d’amis, cela signifie que vous vous connaissez depuis longtemps ?
Julien : Non, on ne se connaît pas depuis longtemps. Le but dans nos rencontres, c’est d’oser être soi-même, et nous nous poussons mutuellement à nous révéler. On est amis parce que nous sommes sincères entre nous, nous sommes vraiment vulnérables, et on ose se dire ce qui ne va pas chez soi et avec les autres, on s’entraide vraiment à évoluer. Je n’arrive pas à vivre cela avec mes amis d’enfance. J’ai des amis d’enfance depuis 20-25 ans, et je ne leur ai pas partagé ce que je vis depuis 1 an, voire 1 an ½ avec les Abeilles. On se pousse les uns les autres, on se lance des défis entre nous : par exemple Quentin me lance des défis. C’est un jeu évolutif entre nous, alors on peut dire que nous sommes des amis !
Mais, combien êtes-vous ? Et est-ce que vous habitez près les uns des autres ?
Charles : Notre groupe se compose d’un « noyau central » d’une quinzaine de personnes. Ce nombre peut être variable, car des personnes motivées et qui souhaiteraient s’engager au sein de l’équipe, peuvent nous rejoindre. Un noyau autour duquel viennent graviter tous les « électrons » que nous rencontrons, et avec qui nous partageons et créons.
Nous habitons aux quatre coins de la France ! Nous nous retrouvons régulièrement lors des rencontres que nous organisons, mais pas seulement, car nous sommes amis et avons tissé des liens forts entre nous. Par exemple, lorsque Quentin vient sur Paris, c’est toujours avec plaisir que je l’héberge chez moi, nous passons toujours un très bon moment, pendant lequel nous continuons à nous découvrir mutuellement et essayons de grandir ensemble, de faire évoluer notre relation.
Ou plus récemment, pour ma toute première représentation de théâtre, Jonathan est venu spécialement de Rennes sur Paris pour y assister, c’était génial de pouvoir partager cela avec lui !
Vous parlez de fraternité comme votre idéal à travailler, comment l’expérimentez-vous et espérez-vous la vivre ?
Carole, et Julien : La Fraternité… c’est grand ! Cela nous enflamme même si c’est très peu répandu dans le monde… et en fait, justement ! Nous aimerions déjà commencer à pouvoir vivre une réelle amitié, une entraide sincère, se voir au-delà des apparences, et réussir à collaborer ensemble en se réunissant autour de ce même idéal.
Nous l’expérimentons de différentes manières. Par exemple, déjà en étant, les uns pour les autres, des miroirs de nos qualités, biens et forces ; nous apprenons à nous connaître. Nous nous entraidons également à transformer nos défauts… souvent avec humour ! 
Ce qui est génial quand on apprend à se connaître, soi et les autres, c’est que chacun peut trouver sa place unique dans le groupe, et savoir ce qu’il a à donner. A chaque saison on se trouve, et nous souhaitons que chaque individu se saisisse, c’est-à-dire affirme bien son individualité, pour pouvoir collaborer ensemble. Que chacun se saisisse individuellement pour un but commun. Et ainsi, si chacun se saisit, se connait mieux, nous pourrons aller vers ce but fraternel.
Nous l’expérimentons par exemple lorsque nous méditons ensemble puis partageons nos compréhensions ; et aussi surtout lorsque nous mettons nos créativités en commun pour les offrir à d’autres ! 
Carole : Personnellement, j’espère continuer de vivre des moments de partage fraternel, d’ouverture du cœur et aussi de l’action ! Je pourrais résumer cela avec la devise « Jamais sans mon frère » : elle est tirée de la quête du Graal, dans le sens où, selon moi, dans ce groupe, soit on avance ensemble, soit on n’avance pas ! Je voudrais que l’on ose rayonner au service de cet idéal et que l’on rencontre de plus en plus de jeunes. Ce serait l’inverse de notre idéal de ne rester qu’entre nous !
Julien : Pour moi, c’est oser être soi-même, sans jugement, se révéler, et c’est vraiment quelque chose de nouveau. Ce groupe m’a amené à ça. La première rencontre, c’était peut-être une rencontre de tâtonnement, où je me demandais ce que je faisais là, et en même temps j’étais là ! Et la deuxième rencontre, cela fut pour moi vraiment quelque chose de très fort, et par la suite cela m’a vraiment beaucoup aidé dans la vie : j’ai réussi à prendre ma place. Et dans ce groupe-là, ce que j’ai saisi c’est ça : trouver ma place et d’oser être moi-même. C’est un groupe de confiance, j’ai confiance en ces personnes, et ça, c’est vraiment quelque chose qui aide ! Mais ce côté « oser être soi-même », à mes yeux, c’est la clé de la fraternité, car chaque individu est différent et c’est important de l’affirmer, de l’exprimer. Et je souhaite m’individualiser plus, afin d’apporter au groupe.
Y-a-t-il d’autres valeurs et idées majeures qui habitent votre équipe ?
Nicolas et Jonathan : L’espérance, la créativité, le don de soi, se donner sans compter et sans attente… Savoir ce que nous pouvons donner, chacun de nous, et le faire rayonner pour aider chacun ; et ensuite, être un groupe qui aide tout le monde, qui rayonne vraiment. Et il y a l’envie de partager, d’apprendre à connaître l’autre, les autres, et presque à chaque retrouvaille, on découvre de nouvelles personnes. Il y a toujours pleins de belles choses à réveillées en soi et à en découvrir chez les autres. Cela rejoint à l’idéal de fraternité, de rencontrer, accueillir, échanger et collaborer, et ainsi engendrer des actions.
Et qu’est-ce qui vous a motivé, chacun, à vous engager dans une telle aventure ?
Caroline : J’étais curieuse de rencontrer des jeunes qui méditent, qui s’intéressent à la nature, à l’art… qui se posent des questions ! J’avais envie de partager ma spiritualité librement et y mettre des mots. L’envie d’être actrice de ma vie, d’arrêter de rêver, et au contraire de me réveiller ! Mais je ne m’attendais pas à recevoir autant : un vrai cadeau de la vie !
J’aimerais de tout cœur qu’on aille jusqu’au bout de cet idéal de Fraternité ensemble. Que le bien triomphe entre nous, que chacun dégomme son ego, pour voir en l’autre sa beauté. Alors je souhaite que chacun se sente libre, et que la vérité brille, pour que chacun se sente à sa place, aimé et puisse se révéler.
Nicolas : J’avoue, j’avais des amis qui ne me convenaient pas avant et je me sentais très seul, je n’étais pas en phase avec eux. Et puis j’ai rencontré ces nouvelles personnes… Avant je me plaignais d’être seul, et il y a eu cette possibilité, alors c’était clair : ils sont là, ils ont les mêmes aspirations que moi, donc j’y vais, je les rencontre ! A ce moment-là, c’était le début d’une aventure et il y a vraiment une richesse où l’on ose être soi. Ce n’est plus tabou d’être soi-même ! Au contraire, dès que l’on voit l’autre se renier, et bien non, on l’encourage à être lui-même. Cela fait un bien fou !
Et les valeurs que moi, je veux vivre au sein de ce groupe, il y a la fraternité, et l’espérance, dans le fait que l’on se plonge dans le futur, et à ce moment-là, on donne beaucoup d’espérance à tout le monde. Je pense que chaque jeune est en recherche de cela au fond : d’être soi-même, de ne pas avoir des rôles, des autorités, etc., qui nous brident totalement, qui nous ferment totalement. On est beaucoup dans le mal être, et être soi-même, c’est la clé pour moi. Si dans ce groupe, on peut me laisser être moi, et au contraire, on m’aide à être moi, alors j’ai la solution pour ne plus être mal, et justement je peux être bien, et commencer à vivre !
Jonathan : Moi, individuellement c’est surtout la possibilité d’être moi-même qui m’a animé et donné envie de m’engager dans ce groupe, en vivant de beaux échanges, notamment. Ce n’est pas courant de vivre ce genre d’aventure, de pouvoir partager sur des sujets qui me sont chers ! Quelques temps avant la première rencontre à Brocéliande, je me posais des questions sur les amis et le peu que je côtoyais encore, trouvant cela désolant et plutôt chiant. Puis un jour j’ai entendu l’expression « un cœur aimant, aimante d’autres cœurs aimants » ! Dès lors j’ai toujours gardé l’espoir qu’à un moment donné, par mon travail intérieur et ma volonté, j’allais rencontrer d’autres personnes avec qui je pourrais échanger de belles choses. Et évidemment, c’est ce qu’il s’est passé !

Pouvez-vous préciser comment vous organisez et créez ensemble vos événements ?
Maxime L. : Pour organiser une rencontre, par exemple pour cet été 2017, on s’était dit la précédente fois, que dans les environs d’Annecy, dans l’Est de la France, ce serait bien pour la prochaine rencontre. Donc comme j’habite là-bas, je me suis occupé de trouver un lieu. Et ensuite, il y a une communication par Internet pour être sûr que cet endroit corresponde à tout le monde. A partir du moment où on a le lieu, on crée un fichier, en général OneNote, et dessus, on partage des choses. Chacun va s’inscrire individuellement, va simplement donner ses coordonnées, mais aussi il peut proposer des activités, telle ou telle créativité, tout ce qu’il peut apporter au groupe. En fonction de ce que chacun apporte, cela fait toute l’organisation du séjour. Il n’y a pas une personne qui organise le séjour, c’est tout le monde ensemble, nous sommes co-créateurs !
Mais souvent, c’est assez difficile d’organiser complètement tout à l’avance, sur Internet… Généralement, nous avons une sorte de trame, et le premier jour de la rencontre, on essaye de définir plus précisément. Ce n’est pas toujours évident, on essaye d’y travailler, d’avoir quelque chose de bien cadré, à la fois souple, mais cadré. Sinon, ça part rapidement en mode « chacun fait ce qu’il veut dans son coin » et il n’y a pas d’organisation ! Pour s’aider, c’est un défi : arriver à ce que chacun amène des idées, et que l’on définisse, par exemple à 10h, tout le monde se réunit, il y a 1, 2 ou 3 activités, et chacun choisit ce qu’il fait. Ensuite, il y a ceci et cela, chacun participe au repas… Donc il y a quand même une structure.
Il peut y avoir des personnes habitant dans une même région, qui se réunissent pour proposer des choses ensemble. De mon côté, jusque-là il n’y avait personne dans ma région, alors c’était un peu compliqué pour coorganiser.
Justement en étant nombreux, habitant à de telles distances, comment arrivez-vous à bien communiquer ?
Théo : Maintenant, je dirais que c’est plutôt une affaire qui marche. On lance des conversations avec les 15 mails des personnes du noyau et on spécifie bien le sujet à chaque fois. Cela peut être la prochaine rencontre, et cela peut être une découverte ou un autre partage entre nous. Une seconde chose, c’est par cette plate-forme collaborative, qui nous sert pour l’organisation de séjour.
Et à certains moments aussi, pour préparer nos rencontres, on profite de certains événements qui nous rassemblent, parfois, c’est un concert, parfois un événement sur la spiritualité, la créativité… Il y en a 2, 3 ou 4, qui vont se retrouver entre eux. Et ils vont discuter pour savoir « qu’est-ce qui manque ? Qu’est-ce que l’on peut faire pour redonner une impulsion au groupe ? Qu’est-ce qui n’est pas encore préparé pour la prochaine rencontre ? Bon, il y a ça, qu’est-ce que l’on peut faire ? » C’est un point important.
Au début, je me disais, mince, dès que des gens se retrouvent, il doit y avoir un retour au groupe, et je pensais que le groupe devait toujours être réuni dans son ensemble. Mais en méditant dessus, j’ai compris que les liens à deux créaient des liens forts entre les individus. En allant se voir les uns, les autres, en s’immergeant dans la vie de l’autre, qui nous accueille une semaine, on crée des liens plus forts. Et par la suite, la communication se fait naturellement, on s’appelle, on se lance des défis, en ayant un contact régulier, c’est plus fluide.
J’ai régulièrement des contacts par téléphone avec des membres du groupe, 2 par 2. Cela permet d’échanger sur notre vision des choses, et je trouve que nous avons un meilleur ressenti des gens, de la vérité de leurs pensées, de ce qu’ils voudraient, plutôt que par mail. Par mail, ce n’est pas toujours facile.
Et à quelle fréquence, vous retrouvez-vous ?
Claire : Nous essayons de nous retrouver tous ensemble régulièrement, tous les 4 mois environ. On essaye que cela soit assez rythmé pour qu’il y ait toujours un lien entre nous, alors tous les 4 mois, 5 mois maximum. Nous essayons que cela soit assez régulier.
Pour l’instant, pour les grands rendez-vous, concernant le petit groupe noyau, nous ne nous sommes réunis vraiment qu’une seule fois. Les autres fois il y avait plus de monde. La plupart du temps, nous sommes une vingtaine de personnes, cela nous est arrivé d’être 25, ou plus.
Sans compter qu’entre temps, certains organisent des week-ends pour se rencontrer à nouveau. Il nous arrive aussi de nous revoir lors de stages de méditation. Se retrouver, c’est un vrai plaisir à chaque fois !
Mais nous ne nous sommes pas donné un nombre maximal de personnes participantes, il n’y a vraiment pas de limites…
Charlotte : Nous essayons simplement d’ouvrir un peu plus à chaque rencontre. A Noël, nous étions 25 personnes, et là, pour l’été, nous avons prévu plus de places, pour être 35. Ainsi au fur et à mesure, on essaye d’être réaliste, mais en même temps de permettre à plus de personnes de pouvoir venir.
Dans votre vidéo et vos photos, vous faites toutes sortes d’activités pendant une rencontre, pouvez-vous donner quelques anecdotes ?
Charlotte, et Charles : Nous essayons invariablement d’être créatifs et de proposer de nouvelles activités, alors notre manière principale, c’est énormément autour de la créativité et des arts. Cela rythme beaucoup nos journées. Nous aimons beaucoup faire des échanges sur la poésie, le théâtre, car cela nous aide à nous exprimer ; et surtout on essaye d’y apporter beaucoup d’humour, de légèreté. Autour de cela, on essaye aussi de développer nos forces, nos idéaux et les vertus que l’on prône. Nous avons vraiment exploré beaucoup d’arts différents, parce que chaque personne qui venait connaissait quelque chose de différent : nous avons pu faire de la poterie, de la sculpture, de la métallurgie, nous avons fait des œuvres communes en peinture, nous essayons vraiment d’explorer toutes les formes d’arts et ce que chacun peut apporter au groupe.
Charles : L’une des activités qui m’a le plus marqué est une activité proposée par Jonathan. Jonathan est chaudronnier de métier et il nous a proposé un atelier de soudure à l’arc. L’activité a d’abord commencé pour une partie disons « théorique », pendant laquelle il nous a présenté les différents métiers liés aux métaux, suivi ensuite d’un briefing de sécurité, ce qui est assez important dans ce type d’atelier, hihi ! Puis nous avons soudé. Certains ont même réalisés des sculptures métalliques suite à cela, grâce à une meuleuse, de la soudure et d’autres techniques.
C’était vraiment génial de découvrir cela, d’autant plus que ce n’est pas commun ! L’amour de Jonathan pour ce sujet et sa pédagogie ont vraiment rendu l’activité vivante et enrichissante à tous points de vue.
La création d’une telle activité, ou d’une autre, vient d’une envie de partager une part de soi avec les autres, de faire découvrir quelque chose qu’ils ne connaissaient pas avant. Et il s’agit surtout de partager ensemble une créativité, dans la joie, en transmettant aux autres ce qui nous anime par rapport à cette activité.
Charlotte : Je vais parler de celle que j’ai faite, avec une autre abeille, nous avons complètement créé de A à Z un jeu d’extérieur en nature. Dans chaque équipe, chaque personne avait un rôle bien défini, on a cherché à leur faire revivre les étapes d’une aventure dans un jeu, comme une sorte de kermesse avec pleins de petits jeux à la suite. Cette créativité a été très amusante, pleine d’humour, et chacun a appris des choses des uns et des autres, et de soi-même aussi. C’est ce que nous souhaitons dans nos créativités.
Ce jeu-là fut dans le jardin, avec l’aide de personnage comme Yoda, le roi Arthur, il y avait certains jeux qui étaient par énigmes, d’autres étaient sur des épreuves un peu plus sportives, et pour d’autres, nous avons réussi à imager matériellement certains comportements qui se passent dans la vie.
Par exemple, ce qui m’a le plus marqué, c’était le détachement. Il y avait deux personnes attachées à une corde autour d’un arbre, dont la longueur était cachée, et ces deux personnes devaient récupérer chacune trois objets à des endroits différents. Le premier, elles pouvaient l’attraper en même temps, le deuxième, il fallait que l’un des deux joueurs reste auprès de l’arbre pour que l’autre puisse le récupérer, et le troisième, elles ne pouvaient tout simplement pas le récupérer en étant attachées. Et à chaque fois, il a fallu que la personne se dise « mais non, il suffit de me détacher pour aller chercher mon objet ». Donc nous avons fait plusieurs petites situations comme cela, et c’était bien rigolo !
Et individuellement, quelle est la plus forte expérience que vous avez vécue jusqu’à présent dans ces rendez-vous ?
Quentin : Vous imaginez le Cantal, de belles montagnes, et entre amis, on a simplement pris le temps de regarder le soleil se coucher. Le soleil épousait les montagnes et à la fois, il se retirait, tout cela en musique, et aussi dans le silence. Il y avait une harmonie, une douceur, une complicité… et nous étions face à la grandeur de la nature : on pouvait simplement dire que la magie, elle est là. C’est une très belle expérience pour moi, car c’était une première fois avec d’autres personnes, où il y avait la magie et le rêve là, devant les yeux, et nous étions émerveillés. C’est grandiose ! Et la musique c’était Benjamin, il a toujours sa flûte avec lui, et à ma demande, il a joué un petit morceau, pour rendre hommage à la nature et à la musique. Je voyais vraiment la vie dans la nature et combien elle pouvait aider l’humain. Les deux étaient liés, la force entre les êtres humains et la nature ; il y avait la confiance, et aussi qu’ensemble on pouvait avancer. Ça m’a laissé une impression du futur.
Carole : Ce n’est pas facile de trouver un seul moment ! Je dirai, pour moi, que c’est la dernière soirée de notre séjour à Brocéliande. Nous avions vécu de beaux échanges et activités artistiques en commun pendant tout le séjour, et les fruits de notre créativité ont pu être offerts à un groupe d’adolescents qui commençaient un séjour dans le même gîte. Ils ont été touchés par notre représentation, et certains ont également participé : ce fut un magnifique échange, il y avait de la joie ! Personnellement, c’était comme la première fois de ma vie où je sentais avoir vraiment apporté quelque chose. C’est cela ma vocation vis-à-vis des jeunes : donner aux adolescents. La joie était sans euphorie, très simple et vraie, et je me sentais à ma place. Même les animateurs nous ont dit de continuer, car ils disaient que cela avait énormément apporté aux adolescents et qu’ils en redemandaient. C’était un encouragement pour nous aussi.
Maxime B. : C’était dans le Cantal, pendant le retour où j’ai dû m’adapter, car on était descendu en voiture avec Jonathan, mais on est tombé en panne ! Alors il me fallait une autre solution pour rentrer chez moi. Et puis, j’ai rencontré des personnes dans le coin avec qui j’ai discuté de ce que nous faisions, et ils ont trouvé cela très chouette, ce ne fut que du positif. Et dans les rencontres que nous avons faites, que cela soit à Brocéliande avec les adolescents, qui avaient entre 12 et 14 ans, ou dans le Cantal, avec un couple d’une quarantaine d’années, tous étaient très enthousiastes et surpris de ce que nous faisons ensemble. Tout le temps des bons retours. Mais ce qui me marque, c’est que nous pouvons toucher différentes générations de personnes. Pour moi, c’est un bonheur de savoir que nos actions, nos rencontres, c’est juste, et que donc nous évoluons dans le bon sens.
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Après tout ce temps, existe-t-il un point incontournable, au sein de votre fonctionnement d’équipe ?
Quentin : Comme dans une équipe de sport, chacun met à profit pour le groupe ce qui le passionne, arts, sport etc., ses qualités, d’organisation, de cuisine par exemple. Cela permet d’apporter une certaine substance indispensable à notre évolution de groupe. Chacun peut avoir des univers que l’on ne connaît pas forcément, et le but du jeu, suivant sa confiance, est de partager aux autres cette passion.
C’est incontournable, car cela permet de rencontrer la personne dans ce qu’elle aime, dans sa grandeur, et c’est enrichissant pour nous, cela donne envie à notre tour de partager quelque chose. Derrière, c’est un cercle vertueux d’entraide.
Par exemple, grâce à quelqu’un faisant un peu de poterie, une autre personne a pris vraiment de la joie à montrer une coupe, car elle voyait cet état d’esprit de dynamisme. Finalement on valorise une personne, et il n’y a pas de sous-créativité, car nous voulons découvrir, nous voulons apprendre.  
Claire : Oui, et la liberté est très importante aussi, le respect du rythme de chacun, parce que chacun est libre de faire les activités qui lui conviennent. Chacun est libre d’apporter, et chacun est libre de participer à ce qui l’intéresse le plus, rien n’est imposé.
Et ce qui me plaît beaucoup c’est qu’à chaque rencontre, le planning est créé tous ensemble, chacun peut proposer un domaine et le mettre en place. Ce côté créateur est super ! Cela nous a entraînés vers des activités complètement différentes d’un week-end à l’autre. Nous n’avons jamais refait les mêmes choses, ou quasiment pas, c’est toujours différent !
Cela me rappelle les camps que j’ai pu faire étant enfant, sauf que cette fois-ci nous sommes, tous, nos propres animateurs, il y a nettement plus de liberté !
Quentin : Un autre point important et qui demande beaucoup d’efforts, c’est d’affirmer ce que l’on pense, car nous choisissons ensemble les projets, et en même temps de respecter les avis de chacun. Il faut pouvoir laisser la place au groupe, pour que « l’entité au pluriel », le groupe en fait, puisse émerger. Moi, j’ai un point de vue, mais je m’aperçois que ce n’est plus juste, alors je choisis de le lâcher car ça n’est plus favorable pour le groupe. Il s’agit de laisser ses avis personnels de côté parfois. Et on s’aperçoit que c’est génial de faire partie d’un ensemble. Cela amène à penser au pluriel ! C’est une certaine remise en question, mais au final, pour ma part, je suis tellement content d’avoir de vrais amis, que même si cela racle un peu, ce qui compte ce sont les vraies amitiés que je veux vivre.
Et je sais qu’ensemble, on peut attirer d’autres personnes, cela peut être beaucoup plus grand ! Quand je vois les retours des autres, ce que cela leur apporte, je me dis que je veux faire des efforts, cela vaut le coup.
Finalement, vivre ce groupe, quels changements bénéfiques cela vous apporte-t-il ?
Maxime B. : Cela me force à rencontrer de nouvelles personnes, à bouger de chez moi, cela me donne des mini-défis. Par exemple, pour la prochaine rencontre jusqu’à Annecy, cela va être un beau défi, car pour l’instant je ne sais pas si je pourrai me libérer au niveau du travail, et je n’ai pas encore de solution pour le voyage ! Cela crée des épreuves permanentes, qu’il faut relever à chaque fois. Mais faire des nouvelles rencontres en continu, même en dehors du groupe, c’est ce que je recherche. Afin de ne plus être dans mon coin, à penser que je suis le vilain petit canard, mais plutôt un bébé cygne en devenir. Et de cette manière, j’ai rencontré mon amie, quelques semaines après notre première rencontre à Brocéliande.
Michel : Cela m’a permis de mieux me connaître, parce que j’ai pu voir que j’avais du mal à m’exprimer en groupe, surtout avec des gens avec qui je parle de spiritualité ou de créativité. Ce n’est pas quelque chose de facile pour moi. Et là, j’ai pu découvrir qu’il y avait une part de moi qui ne voulait pas ça. Cela me permet de travailler dessus, de savoir que c’est cela mon problème, et puis que je peux me révéler dans ce domaine. C’est l’une des grosses choses que cette aventure m’a apportée.
Et il y a aussi la collaboration, faire des créativités en groupe, et apprendre à ne pas être borné à ce que moi, je veux, mais au contraire prendre en compte l’autre : qu’est-ce que lui, il veut ? C’est important et c’est la grande partie des changements pour moi.
Maxime L. : Alors moi, quand je fais une rencontre, j’appelle cela un coup de boost, j’en ressors boosté ! Aux gens qui ont envie de venir, aux personnes intéressées, mais qui parfois hésitent, je dis « vas-y, tu vas voir, cela te mettra un coup de boost, tu vas être super motivé ! ». Rencontrer autant de gens, et aussi motivés, avec une telle dynamique, personnellement cela me booste intérieurement. Et par la suite, cela me permet de manifester plus de belles choses, que je porte jusque dans la vie quotidienne, dans mon métier, dans la musique.
Au-delà de ces retrouvailles majeures, visez-vous autre chose dans votre groupe ?
Caroline : Dans le regard de chaque jeune se trouve un miroir de nous-mêmes. Pleins de miroirs de toutes sortes qui nous poussent à évoluer, nous transformer, nous dépasser ! Oui, en chacun se trouve une telle beauté dont nous pouvons nous inspirer pour se choisir et rayonner. On y rencontre des jeunes touche-à-tout, des musiciens, des poètes, des sculpteurs de fer, de bois, de pierre, d’argile, un photographe, ou guérisseur, calligraphe, amoureux de la nature… mais surtout on y trouve des jeunes qui veulent exprimer leur lumière et qui osent se remettre en question. Ce n’est pas toujours facile lorsque les egos se rencontrent, mais dans le fond, chacun s’engage à relever le défi du bien ! C’est beau lorsqu’on y arrive, alors on en récolte les fruits : ceux de La Fraternité, notre Idéal. Cette dernière, on la recherche un peu partout et on aimerait l’expérimenter dans tous les sens pour la partager…
Être ensemble, est un vrai travail sur nous-mêmes, un peu en accéléré… C’est impressionnant d’ailleurs de voir la vitesse avec laquelle on évolue tous ! Je décrirais notre expérience comme un grand terrain de jeux fertile, libre et bienveillant. Avec pleins d’outils et d’exemples permettant de cultiver notre meilleur, et un monde plus vertueux, ensemble. Tout cela avec beaucoup d’amour et d’humour…
L’énergie du groupe nous appelle à ne pas nous résigner. Nos échanges et partages raniment et ravivent à l’intérieur l’espérance d’un monde meilleur. Espérance, parfois ternie par les exigences d’un monde trop étroit. Notre union est un vrai moteur ! On se motive tous à se révéler, être responsables, acteurs et créateurs… En partageant sur la spiritualité, la nature, la créativité et la joie…, c’est une vraie bouffée d’oxygène !
Est-ce que vous savez combien de temps durera cette aventure ensemble ?
Théo : Au départ, cela nous a plu Brocéliande, et on voulait continuer sur une aventure de 2 ans environ. Mais en avançant, on s’engage davantage, et il n’y a pas vraiment de date butoir. Cela devient quelque chose qui pourrait perdurer…
Avec les nouveaux arrivants, des personnes qui s’engageraient dans le noyau, ils prendraient la place de ceux qui sortiraient du groupe. Ceux ayant atteint 30 ans environ, et qui ne se sentiraient plus forcément en accord avec les actions menées pour les jeunes, ils auraient besoin de passer à autre chose. Mais peut-être que ce groupe-là perdurera à travers de nouvelles personnes qui reprendraient le flambeau.
Pour l’instant, moi, je vais avoir 21 ans, et je ne vois pas vraiment de fin ! Tant qu’il y a le feu, que cela marche, qu’il y a la fraternité, que chacun essaye de se révéler, de donner le meilleur de soi, je ne vois pas pourquoi cela s’arrêterait, puisque dans ma vie, cela ne m’apporte que du positif.
A part vos événements, avez-vous un autre but en commun à réaliser ?
Claire, Théo et Jonathan : Il n’y a pas vraiment de grand but à manifester, c’est plutôt grâce à notre idéal de fraternité, créer un groupe permettant à la jeunesse de découvrir qu’il existe un moyen d’être soi-même. Et ce n’est pas forcément ce que la société nous propose.
Il est évident que nous voulons inclure d’autres gens, et créer plus de choses. Mais notre souhait le plus cher est de redonner l’Espérance aux jeunes qui comme nous se questionnent beaucoup sur le but de leur existence.
Toutes les personnes étaient super contentes de ce qu’elles avaient vécu, par exemple dans le Cantal, sans pour autant avoir envie de revivre cela avec nous, ou pas tout de suite. Cependant nous avons remarqué que pour certains, cela avait impulsé quelque chose dans leur vie, et derrière ils ont eu des projets. En plus, après chaque rencontre on se sent boosté, on retrouve de la force intérieure, et de la vitalité. Cela « donne des ailes ».
On s’est beaucoup questionné sur notre but, pour se rendre compte que l’on avait chacun des buts différents, forcément puisque nous sommes tous différents. Alors ce qui ressortait beaucoup c’est cette Espérance.
Ce serait comme quelque chose qui perdurerait, comme un point de repère lumineux auquel les jeunes pourraient se relier et comprendre qui ils sont vraiment. Et cela sortirait des croyances du monde comme quoi la jeunesse, c’est sortir à tout-va, faire n’importe quoi, se détruire à travers plein d’activités néfastes !
Vos activités sont ouvertes à tous les jeunes de 18 à 30 ans, cela implique-t-il de participer à plusieurs activités ?
Michel : Quand l’on s’engage pour venir à un séjour, c’est pour une seule fois, après on est libre de revenir ou pas. Si on vient, on peut découvrir par soi-même ce que l’on fait. Mais si une seule fois a suffi, on n’est pas obligé de revenir. C’est la liberté de notre fonctionnement.
Par contre, si on a envie de continuer avec le groupe, on peut revenir, mais aussi en y étant plus acteur. On peut être dans le « noyau », avec ceux qui s’engagent à rester plus longtemps et à y apporter de la créativité, des nouvelles idées, à savoir « qu’est-ce que je veux apporter au groupe ? » C’est un certain objectif de faire accroître le groupe, d’aller plus vers l’humanité, plus vers le monde, et cela permet aussi de mieux connaître les membres du groupe, c’est une évolution.
Et pour vous rejoindre, y a-t-il un examen d’entrée, un bizutage, une épreuve à passer ?!
Michel : On n’a pas prévu de bizutage ! Si on reste, on peut déjà individuellement s’engager à apporter quelque chose au groupe. Par contre, il n’y a pas de bizutage, pas d’humiliation, c’est dans un respect de l’autre, nous ne sommes pas là pour détruire l’autre.
Autrement, une idée avait été lancée par Théo et Jonathan. Ils avaient proposé que nous réalisions une créativité, une sculpture il me semble, où nous pourrions écrire notre nom sur une coupe. C’est un projet, où, une fois que l’on a gravé son nom sur cette coupe, cela pourrait être un engagement à agir !
Quel serait votre conseil pour d’autres jeunes qui voudraient créer leur propre groupe à leur manière ?
Jonathan : Il est primordial de découvrir les ou le But(s), lorsque l’on crée un tel groupe, puis de bien le ressentir et le canaliser, tout en laissant place à la surprise ! Cela permet de comprendre pourquoi l’on agit et ce que l’on veut véritablement manifester. Ensuite il s’agit de persévérer pour le faire grandir malgré les défis qui peuvent survenir.
Chacun a ses propres buts individuels, des défis qu’il peut se donner dans le groupe, et en même temps il y a un but commun. Dans le sens que les fruits découverts sur le chemin vers le but, soient un don pour le reste du groupe et ainsi accroit sa profonde richesse. Ça nourrit « la ruche » ! A partir du moment où c’est bien et juste pour soi, alors c’est juste de le partager aux autres. Par exemple mon grand But, mon grand idéal est la Liberté, je veux le comprendre, le définir et le vivre. En conséquent, j’apprends à respecter la liberté de l’autre dans ses choix, à encourager sa liberté d’expérimenter, et ne pas juger.
Et ensuite il y a la persévérance qui est la grande qualité pour faire perdurer un groupe, et son propre engagement aussi. C’est important, car de mon côté, j’ai eu parfois un manque de motivation. Mais j’ai toujours gardé en tête de tenir mon engagement, comme une pierre que je garde toujours précieusement dans ma main, me rappelant ainsi la force de bien qui se dégage de notre groupe. De cette manière j’évolue, grâce à la remise en question. Je me suis engagé, pour moi, pour le groupe et vers cet idéal de Fraternité. En étant toujours fixé sur ces idées, de grandes valeurs à mes yeux, je ne pouvais certainement pas lâcher.
Pour finir, il est important de communiquer à d’autres gens, leur partager le plaisir de découvrir le trésor que le groupe porte en lui, et surtout de révéler celui-ci !
Un dernier message destiné aux autres jeunes ?

Vive les belles abeilles ! C’est nous, mais c’est chacun, vous serez toujours accueillis !

Alors Bienvenus dans notre cercle d’amis,

Ne restez pas tout seuls dans votre bulle, osez-vous révéler,

Venez nous rejoindre simplement pour partager.

Vous vous rendrez compte que vous n’êtes pas les seuls à penser différemment.

La société à ses dires, nous pouvons choisir la différence librement.

Vous n’êtes pas seuls, ensemble créons l’émergence par l’écho nos âmes…

Deviens Qui Tu Es ! Soyez vous-même !

You are unique but ou are not alone !

L’appel retentit vers qui voudra vivre ses prémices fraternelles !

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