Ecrit sur 5 jours en novembre 2016
Passant de jour en jour entre les mains de différents groupes
Par un collectif de 25 personnes au total

L’éco-village du Nouveau Monde

Octobre 2016, en Provence dans la ville de Sibell.
La ville autrefois attrayante a perdu beaucoup de son prestige. De nombreuses boutiques ont mis la clef sous la porte et la plupart des devantures, taguées offrent un paysage désolant.
Les rues sont désertes, certaines maisons sont en ruines. Seules quelques habitations sont encore occupées. La jeunesse, triste et désemparée cherche à oublier ses difficultés en se jetant à corps perdu dans des fêtes décadentes.
En ce 31 Octobre, ils se retrouvent pour une soirée Halloween au café des 4 chemins. L’atmosphère est électrique. De nombreux vampires, loups garous et autres sorcières, se déchaînent sur une musique endiablée.
Pilou, jeune homme de 22 ans vient de terminer des études de commerce. Brun, les yeux noisette, il porte un costume cravate d’un gris uniforme qui fait ressortir sa silhouette élancée. Curieux, l’esprit vif, de nombreux sujets le questionnent. Il sort de son bureau pour rejoindre son amie Maëlle sur le lieu de la fête.
Maëlle jeune femme à l’allure sauvage, a de longs cheveux blonds bouclés. Son regard perçant montre une personnalité bien trempée. Elle vient d’avoir trente ans. Enthousiaste, elle porte un super projet novateur. Elle a hâte d’en parler à Pilou qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs mois. En l’attendant, elle se remémore leur rencontre dans le restaurant où il travaillait, durant l’été, en tant que cuisinier. Il avait pour projet d’ouvrir un restaurant Bio. Mais il avait renoncé à sa passion et avait choisi de travailler dans un secteur plus lucratif et sécurisant : la banque.
Après des retrouvailles chaleureuses, au milieu des citrouilles flamboyantes, une serveuse costumée en lézard géant amène leur cocktail. Maëlle se lance et se confie : « Grande nouvelle Pilou, j’vais créer prochainement un éco-village et je constitue mon équipe.
– Ah bon, t’as encore cette idée en tête !
– Oui, plus que jamais. Je veux vraiment fédérer des amoureux de la nature dans ce village coopératif et créatif. Plein de gens cherchent à changer de vie et moi, je veux contribuer à ça !
– Mais tu trouves pas que c’est un peu idéaliste ?
– Non, j’ai vraiment réfléchi, je veux vraiment que mes rêves deviennent réalité. Je veux pas vivre avec des regrets toute ma vie.
– Ben moi, je crois pas trop à la pérennité de ce genre de projet…
– Que t’y crois ou pas, de toutes les façons moi je fonce…Et toi, le resto bio, c’est mort de chez mort ? »
Un revenant avec des chaînes passent : « Joyeuse Halloween ! » Une légère vibration fait trembler les verres sur la table… Oh…
« Moi je sais que c’est pas en cuisinant des salades que je rembourserai mon emprunt et paierai mes assurances !
– Ben je te plains, Pilou, t’as perdu ta flamme et t’as l’air blasé.
– Tu planes ma petite Maëlle, je veux pas finir sous les ponts et quand tu te seras plantée, ce ne sera pas la peine de cogner à ma porte. »
Soudain, un verre se casse, puis un autre, des gens se mettent à crier, une citrouille se fend en deux comme tranché et le bois du bar craque…
Deux vampires titubent et chutent devant leur table et le sol tremble…Une sorcière crie « c’est un tremblement de terre, sortez ! » et dans un nuage de poussière et un chaos indescriptible, Maëlle et Pilou courent au milieu de Zombies pour s’échapper du café et ils se perdent de vue…
Maëlle court, court, se fait bousculer par la panique générale. Elle se retourne et n’aperçoit plus Pilou, disparu dans la foule.
Maëlle secouée et bouleversée par ce tremblement de terre et les propos de Pilou, rentre chez elle. Sa maison est totalement sens dessus dessous. Elle s’effondre et ressent la désespérance face à ce qu’elle vient de vivre : le reniement de Pilou par rapport à ce qu’il pouvait apporter dans la cuisine, et la peur ravivée en elle, face à la destruction de la ville. Tout cela la désespère, l’amenant à se questionner par rapport à la création de son équipe constituée pour la réalisation du l’éco-village.
Après une douche relaxante, un peu de rangement, elle se détend en prenant un verre. Elle se sent disponible pour réfléchir, les émotions sont passées.
Maëlle s’interroge sur la lâcheté de Pilou. Elle qui pensait qu’il serait emballé par son projet et serait un allié enflammé. Elle se sent abandonnée par rapport à son projet, et ce n’est pas la première fois ! La solitude l’envahie…
Pourquoi tout cela est arrivé ? Au final, est-ce vraiment utile ce village ? Est-ce que je trouverais des gens qui veulent vivre cette aventure extraordinaire pour leur idéal ? Mais pourquoi autant de destruction ?
Le tremblement de terre lui fait penser à toutes ces personnes qui renient ce qu’ils aiment. Peut-être est-ce nous qui avons créé ce désastre ?!
Sentant la révolte monter en elle dans cette prise de conscience de responsabilité, elle ressaisit le feu du pourquoi elle veut créer cet éco-village.
Elle le veut pour vivre d’une manière différente de ce que propose la société actuelle. Elle veut se battre pour ses valeurs qui sont le partage, le prendre soin de la nature, le respect de l’être humain et la collaboration. Elle est prête à donner sa vie pour son but.
Le lendemain, forte de toute son énergie, elle revit son projet en image et décide d’avancer malgré le miroir de Pilou. Elle le chasse de ses pensées.
Maëlle décide d’aller poser une annonce pour la création de l’équipe à la Biocoop de son quartier. Sur place, elle retrouve Iris et Jo, un couple qu’elle avait rencontré lors de ses études d’agronomie. Ils animaient un cours sur la biodynamie et la vie des sols. Leur vision de la terre en tant qu’être vivant l’avait touchée au plus profond d’elle-même, et éveillé sa flamme et son amour pour la nature.
Ils étaient à la Biocoop pour déposer leurs légumes, Maëlle les reconnaissant sent un appel à aller vers eux.
–  « Bonjour Iris, bonjour Jo ! Vous souvenez-vous de moi ? J’ai participé à vos cours à l’école d’agronomie, il y a quelques années.
– Mais oui bien sûr ! Tu avais une aspiration à prendre soin de la nature et pleins de projets en tête. Eh bien ! Où en es-tu ?
– Je cherche une équipe pour la création d’un éco-village. »
Ils discutent ensemble de ses aspirations et l’invitent à la porte ouverte de leur domaine, le lendemain.
Toute heureuse, elle sent l’espérance revenir dans son cœur. Elle passe la journée sur son projet et prépare des dépliants pour l’expliquer afin de les distribuer à la porte ouverte.
Le jour J, elle se rend sur place à vélo, motivée.
Elle est agréablement surprise de voir autant de gens ayant le souhait de changer leur mode de vie pour sortir de la société de consommation et préserver la nature.
Iris et Jo, l’accueillent et lui parlent de son projet pour lequel ils ont été touchés et se sentent la responsabilité d’aider des jeunes à réaliser leurs rêves.
« Maëlle, nous avons décidé de te donner des terres pour la construction de l’éco-village. De plus, Jo et moi nous souhaitons t’accompagner. »
Maëlle, spontanée avec une énergie débordante, leur saute au cou : « C’est magnifique ! »
Ils se quittent enchantés pour ce futur si proche qui se dévoile à eux.
Deux jours plus tard, ils ont réuni leurs amis et toutes les personnes qu’ils connaissent et qui seraient intéressées par ce défi, pour leur présenter le projet.
Maëlle prend la parole : « Nous sommes réunis pour que je vous présente mon projet de création d’un éco-village. J’aimerais que cet endroit reflète plusieurs valeurs : le respect de la nature, une nouvelle vision de l’éducation à travers une école différente, une entraide entre les différents habitants, l’utilisation d’énergies naturelles et renouvelables. »
Alors d’autres propositions fusent :
–  « Nous pourrions mettre en place un SEL, système d’échange local.
– Nous pourrions créer aussi une monnaie locale…
– Et aussi un centre ou l’on proposerait une autre façon de soigner avec différentes méthodes.
– Et aussi réduire l’impact des ondes électromagnétiques en supprimant notamment l’utilisation des portables. »
Elle est face aux questionnements et interrogations diverses des personnes présentes.
Tout à coup, certains se lèvent et quittent l’assemblé, en colère face à l’implication que demande le projet, comme celui de ne pas avoir de portable car ils sont exclus du lieu dus aux ondes nocives.
Et il y a aussi des gens super-motivés comme Espéranto et son amie Mélodie, qui attendaient cela depuis si longtemps.
Esperanto veut créer une école de musique et Mélodie, un atelier d’art partagés. Suite à cette rencontre, le groupe se forme pour débuter la construction du village.
Quelques mois plus tard…
Le projet a commencé à prendre forme, avec la construction de la salle commune avec en son centre le four à pain, symbolique de leur collaboration.
Maëlle a emménagé dans le lieu, avec Espéranto et Mélodie, y travaillant nuits et jours.
Cette nouveauté s’est répandue dans la région et a attiré de nombreuses personnes qui donnent de leur temps, dont des parents voulant donner une autre éducation à leurs enfants.
Cet engouement donne naissance à une école créative et ludique : une nouvelle pédagogie naît !
Ils poursuivent la mise en place par la construction de logements alternatifs, Tiny house, cabane dans les arbres, yourte, pour des gens voulant passer un temps hors du temps et proche de la nature.
Le projet avance à grand pas. Ils ont dépassé pleins de défis, prêts à affronter les prochains. Maëlle réalise qu’elle vit ce qu’elle voulait vivre et s’épanouit pleinement dans cette aventure. Toutes ces rencontres lui montrent la richesse de l’humain et des relations.
Pendant ce temps…
Pilou erre au milieu des décombres, ahuri au milieu d’un paysage apocalyptique. Des voitures sont renversées, des tuiles jonchent les trottoirs, des vitrines de magasins sont dévastées… Il croise dans la foule des personnes à l’œil hagard. Elles sont perdues. D’autres sont hystériques, courent dans tous les sens. On entend des enfants paniqués appeler leurs parents. Le bruit des sirènes des ambulances, des pompiers et de la police couvre le bruit de cette foule en délire.
Au milieu de cette scène d’horreur, Pilou est désabusé. Il ne comprend pas ce qui s’est passé pendant cette nuit d’Hallowen… Il marche droit devant lui pendant un long moment. Soudain, il reconnaît l’enseigne du restaurant où il a dîné avec Maëlle. La chape de brouillard qui embrumait ses yeux et son esprit s’évapore instantanément.
Au milieu des décombres, il retrouve immédiatement sa moto, une BMW, dernier cri. Il l’enfourche et la lance à toute vitesse. Il veut s’extraire de ce cauchemar à tout prix ! Il a besoin d’exorciser ce qu’il vient de voir…
Rentré chez lui, il se débarrasse de ses affaires. Son casque roule au fond du salon, ses lourdes chaussures sont abandonnées au bas de l’escalier… Choqué, Il a besoin de se nettoyer, se laver de cette horreur. Il saute dans un bain.
Enfin, il s’apaise. Il respire à nouveau, se détend. Brusquement l’image de Maëlle lui revient. Il sursaute, éclaboussant la salle de bain.
Mais qu’est devenue Maëlle ?
Cette question l’angoisse. Mais que s’est-il passé ? Ils dînaient tranquillement ensemble… Et là, qu’est-elle devenue ?! A-t-elle disparu ?
Il ressent alors une énorme colère. Il ne comprend rien à ce qui vient de se passer. Il a perdu Maëlle… Mais bon sang, le repas se passait bien… Mais peut-être pas si bien que ça finalement ?! D’ailleurs qu’est-ce qu’elle m’a dit qui m’a tant énervé ?
Tout à coup, le téléphone sonne, l’interrompant dans ses réflexions. Est-ce Maëlle ? Son ressentiment fond instantanément. Il inonde une seconde fois la salle de bain. Il court sur le palier et décroche le combiné précipitamment, empli d’espoir.
Mais… à son grand désespoir, c’est une voix tremblotante qu’il entend. Celle d’Alicia, sa sœur ! Elle lui annonce que ses parents viennent d’avoir un grave accident de voiture. Mais que leur est-il arrivé ?
Les événements s’accumulent pour lui. Il n’en peut plus. Que va-t-il encore lui arriver ? Pourquoi le destin s’acharne sur lui ?
Il décide néanmoins de les rejoindre dans le sud de l’Espagne, à mille kilomètres d’ici… Il est inquiet pour ses parents mais il a grand besoin d’oublier ce qui vient de lui arriver…
Il lâche son ancienne vie et, en une semaine, il quitte tout avec comme but de reprendre l’entreprise familiale.
Il transforme l’entreprise familiale installée à Séville où il pense retrouver ses racines, mais se noie dans le travail. Il développe un système novateur de gestion informatisé adapté aux grandes chaînes de fast-food grâce aux nouvelles technologies. Son entreprise lui fait tenir un rythme effréné et épuisant. Malgré tout il accepte cette vie en raison des bénéfices qu’elle lui procure : luxe, femmes, voyages…
Progressivement, il sent un vide intérieur s’emparer de lui. Il a de l’argent, une belle maison, la dernière Ferrari, mais il se sent seul. Il a perdu le sens de la vie.
Un jour il reçoit une invitation à chic soirée organisé par la famille Rockefeller. C’est l’occasion rêvé de se faire de nouvelles relations et de développer son entreprise sur d’autres marchés et éventuellement se diversifier.
Le jour venu il se met sur son 31 : costume noir, chaussures brillantes, et Porche dernier modèle pour se diriger vers le château de ses hôtes accompagné de sa dernière conquête.
Durant la soirée il multiplie les rencontres avec la crème de la jet set : banquiers, entrepreneurs, politiciens, etc.
Une bombe à talon haut, l’invite à une partie de pocker avec d’imposante piles de jetons. Durant la partie il découvre dans son jeu une carte mystérieuse avec l’indication suivante : si tu veux aller plus loin dans la vie, perd cette partie rendez-vous à la chambre 66 au 6ème étage. N’ayant rien à perdre autre que de l’argent, il se dit qu’il pourrait mettre plus de piquant dans sa vie et tente l’aventure.
Une fois sur place, un homme d’une soixantaine d’années assis dans la pénombre un gros cigare au lèvre l’invite à s’assoir. Il ne l’avait pas vu à la soirée. Pourtant il avait essayé de rencontrer tout le monde. Ce qui frappe en premier chez lui c’est son regard dur et glacial.
Alors que Pilou allait s’assoir, l’homme lui demande : « Êtes-vous certain de vouloir continuer ? » en le dévisageant davantage. « Je peux faire en sorte que vous deveniez plus puissant que vous ne l’avez jamais imaginé… »
Sur ces derniers mots Pilou prend conscience qu’il est en face de quelqu’un de très dangereux et qu’il a gravement dévié de son but pour en arriver jusque-là. Il choisit donc de se retirer en déclinant l’invitation pour ensuite repartir chez lui.
Quelques jours plus tard, sur les conseils d’un ami, pour oublier cette aventure malheureuse, il décide de se défier en s’inscrivant à une semaine de jeûne en plein désert marocain. En plus, il a du poids à perdre, ça lui fera le plus grand bien ! Ainsi, il arrive dans un hôtel luxueux situé aux alentours de Marrakech, près du désert du Sahara.
Il est accueilli par la charmante organisatrice : Julia Robert. Longs cheveux bruns, en bataille, le teint légèrement halé, le corps athlétique : une belle plante. Ses jolis yeux bleus, et son sourire radieux devrait pouvoir certainement agrémenter son séjour.
–  « Pourquoi voulez-vous jeûner ? demande Julia
– J’ai un copain qui m’a conseillé de venir, lui répondit Pilou. Il paraît que je peux me dépasser, et je suis le meilleur pour dépasser toutes les limites. »
À sa réponse, elle prend conscience de son vide intérieur, de la superficialité de sa vie. Il tente de camoufler sa souffrance, mais son reniement le détruit.
Ils poursuivent cet échange tard dans la soirée. Cela fait longtemps, que Pilou ne s’était pas ouvert de cette manière. Il ressent de la confiance envers Julia. Il s’ouvre facilement. Dans ce partage, empli de vulnérabilité, il prend conscience qu’il n’a plus de vrai but.
Jours après jours, il commence à sentir les bienfaits du jeûne, qui le purifie, l’allège, et prend conscience que dans sa vie, il se remplit de futilités qui ne lui apportent rien.
Les discussions avec l’ensemble des participants, autour du feu, le ramènent à des choses plus simples et vraies.
En même temps, il sent que naît vis-à-vis de Julia un respect qu’il n’a plus ressenti depuis longtemps pour une femme.
Soirs après soirs, lors de leurs discussions qui se poursuivent tard dans la nuit, Julia exprime à Pilou son amour pour l’être humain, et l’importance d’être fidèle à soi-même, ainsi que sa volonté d’accompagner les gens sur le chemin de la guérison par la naturopathie, sans prise en charge.
Pilou est émerveillé et après toutes ces années de froideur, il sent son cœur s’ouvrir à nouveau.
À la fin de la semaine, ce n’est pas que son corps qui s’est purifié, c’est aussi son être intérieur.
Un mois plus tard, suite à une belle progression de leur relation, Pilou déclare sa flamme à Julia qui l’accueille avec joie. Et ils commencent à construire une belle aventure amoureuse.
À la fête de la Saint Jean, pour l’anniversaire de Pilou, Julia, qui lui a réservé une surprise, invite son fiancé à un long week-end découverte dans un éco-village.
Ils arrivent à la nuit tombante, et gagnent la réception.
À la grande surprise de Pilou, ils sont accueillis par la responsable du lieu : Maëlle !
Il en reste bouche bée. Au loin, une chouette hulule. Au-dessus du comptoir, le coucou de l’horloge sort sa tête et la fête commence !
– « C’est merveilleux de te revoir, lui lance Maëlle. Il n’y a pas de hasard, j’ai rêvé de toi justement hier soir ! C’était jamais arrivé depuis que l’on s’est perdu de vu à cette fameuse soirée.
– Oui et il s’est passé tellement de choses depuis, commente Pilou…
– Et d’ailleurs t’as un sacré œil au beurre noir ! Ta vie doit être percutante !
– Oh t’imagines même pas, jusque-là ma vie était plutôt confortable mais depuis 15 jours, c’est la secousse sismique. J’ai pris conscience que ma vie allait dans un cul-de-sac dangereux !
– Enfin presque ! rajoute Julia.
– Un jour j’ai rencontré des gens peu recommandables qui m’ont glacé le dos ! Ça m’a foutu une claque, c’est le cas de le dire, car quelques jours plus tard deux malabares ont débarqué chez moi en renversant tout et en me menaçant de ne rien révélé concernant un entretien privé que j’avais eu avec un personnage obscur.
– Mais tu savais te battre Pilou quand t’étais jeune, non ? rétorque Maëlle.
– Ouais ! Mais je m’entraînais plus depuis des années, j’étais rouillé, j’étais en mode piloutage automatique et me voilà dépilouté ! Depuis, j’ai pris conscience que j’étais plus moi-même…
– Et d’ailleurs depuis tu ne veux plus que l’on t’appelle de ton surnom Pilou… glisse doucement Julia.
– Maintenant, c’est à nouveau Pierre Louis ! rajoute Pilou avec un grand sourire.»
Cette rencontre les ébranle profondément tous les deux et Maëlle les invite à découvrir le village.
En sortant, une ribambelle de lapins blancs bondit devant eux. Ils se promènent sous le ciel étoilé, savourant la magie de la Vie.
Pierre Louis ressent ce rendez-vous comme une deuxième chance, et il s’endort.
Le lendemain matin, ils se retrouvent au petit déjeuner. Pierre Louis est très touché par le rayonnement de joie qui émane de Maëlle. Ils discutent longuement de leurs expériences de ces années écoulées.
Pierre Louis conscient de son refus de changer à l’époque demande pardon à Maëlle d’avoir tenté de la décourager. Aujourd’hui, il fait enfin son vrai choix et retrouve son feu.
Maëlle touchée par ce retournement leur propose d’intégrer l’éco village en tant que cuisinier et en tant que naturopathe pour Julia, afin de continuer à développer le projet.
Pierre Louis et Julia, conscient qu’ils étaient à un carrefour de leur vie acceptent avec joie et remercient Maëlle de tout cœur.
An 2032.
Au loin les chouettes continuent de hululer et le coucou sort toujours sa tête de l’horloge. Après de nombreux efforts, l’éco-village s’est bien développé, ils sont maintenant 327 éco-villageois dont 71 enfants. Ils ont réussi à trouver une organisation respectant les libertés individuelles tout en favorisant la collaboration au sein de l’éco-village.
Par un beau dimanche de fin juillet, au milieu de l’après-midi, le comité des sages, composé de Maëlle, Raphaël, Philippe, Julia ainsi que Jean-Pierre, doyen du lieu, s’est réuni.
La discussion est animée, l’enthousiasme circule dans le groupe, les idées virevoltent, les préparatifs d’une super fête pour le 6 janvier 2033, battent leurs plein. Ce jour-là, il y aura une configuration céleste majeure qu’ils souhaitent célébrer afin de saisir tout le potentiel évolutif qu’elle porte.
Jean-Pierre, porteur des traditions, propose un rituel sacré en cette occasion extraordinaire, ainsi que diverses activités entourant cette cérémonie solennelle. La rencontre se termine par un programme d’animation bien chargé, les laissant dans la joie de ce futur.
Le mercredi suivant, Maëlle confie à Philippe que depuis, elle ressent dans son cœur une joie profonde à l’idée de cet événement. Dans leur enthousiasme, ils ont l’idée d’inviter les habitants des villages alentour. Ils souhaitent aussi partager ainsi, la richesse de leurs expériences de vie dans l’éco-village.
Le lendemain, ils évoquent cette idée avec le reste de la communauté. Bien que la majorité se réjouisse de cette initiative, certains émettent des réticences. Deux d’entre eux se confient à Maëlle et Philippe, leur racontant qu’un mois auparavant, ils se sont promenés dans Vibouque, le village le plus proche et ils s’y sont sentis mal à l’aise. Des villageois les observaient et ils ont ressenti une certaine froideur. Maëlle se tourne vers Philippe, mais celui-ci ne répond pas. Cela les laisse perplexes, mais ils décident de rester vigilants.
La majorité des villageois se mobilise pour aller communiquer autour de cet événement. Philippe et Maëlle se rendent à Vibouque. Ils vont à la rencontre des habitants qu’ils croisent. Au cours de leurs échanges, l’un d’entre eux, assez âgé, leur fait remarquer des aboiements. Il a constaté, depuis quelques mois, qu’à chaque pleine lune, les chiens devenaient fous. Ils se mettent à aboyer, mordent et ils sont obligés de les attacher. Il s’est rendu compte que cela a commencé suite à la mort du boulanger. Maëlle et Philippe échangent un regard et se souviennent de la confidence récente de leurs concitoyens et essayent d’obtenir plus de détails sur ce décès. Le vieux monsieur, baisse la voix et dans un souffle, murmure : « C’est mystérieux… il n’y a jamais eu d’explication… »
Maëlle et Philippe décident de se rendre à la maison du boulanger. Celle-ci est en piètre état. Tout autour, la nature est sèche, les fleurs sont fanées et les arbres ont triste mine. Personne ne semble plus habiter ce lieu.
Maëlle se met à avoir des nausées. Elle regarde vers Philippe qui lui, se tient la tête.
–  « Qu’est-ce qu’on fait ?
– Quelque chose ne tourne pas rond ici… Mais je veux en avoir le cœur net, je veux savoir ce qu’il se passe !
– Je te suis. »
Ils poussent la porte et entrent avec précaution, faisant attention à ne pas faire craquer les lames du plancher décrépi. Dans un coin, en haut d’une armoire, un hibou empaillé les observe. Des habits de cérémonie noirs sont suspendus à l’intérieur. Sur une table, trainent des bougies, une coupelle avec un liquide épais et noirâtre ainsi que des plumes leur font immédiatement penser à des sacrifices et des rituels de magie noire. Effrayés, décontenancés, ils sortent en courant de la maison et ne ralentissent le pas qu’une fois suffisamment éloignés de Vibouque.
De retour au village, ils se réunissent avec les autres habitants. Ils font le récit de leur découverte et par leurs échanges, comprennent que de nouveaux arrivants se sont installés peu de temps avant la mort du boulanger. Depuis, une ambiance étrange règne dans Vibouque.
Maëlle se lève et court chercher Jean-Pierre afin de convoquer le comité des Sages à une réunion extraordinaire.
Le soir même, réunis, ils font l’état de la situation : de la magie noire à Vibouque ! Un des sages comprend que c’est la manifestation d’une opposition aux valeurs fraternelles qu’ils ont ardemment défendues et développées au sein de l’éco-village.
Ils décident de trouver des moyens d’agir et échangent autour de stratégies de combat défensif.
Ils décident d’une vaste campagne d’information, dénonçant les pratiques maléfiques de quelques résidents de Vibouque. Pour parvenir à les identifier, un groupe part immédiatement en mission d’espionnage, afin de voir qui se réunit dans la boulangerie, de nuit.
À leur retour, les résidents sont identifiés. Une vaste campagne de dénonciation est alors lancée. Chacun s’engage dans ce combat. Ils arrivent sur Vibouque et assaillent la maison du boulanger, détruisant tout objet ayant servi les messes noires. Puis ils partent à la recherche des mages noirs. Les habitants de Vibouque, d’abord terrés dans leur maison, sortent petit à petit, et leur prêtent main forte, leur donnant les indications pour les retrouver. Ils les découvrent alors, fuyant, dans le champ voisin.
Là s’engage un combat épique. Chacun agit son bien, le renforce, l’amplifie et le rayonne. Leur aspiration à défendre leurs valeurs, les amènent à un combat où leurs gestes sont coordonnés sans pareil. Le combat est de courte durée, les mages sont terrassés et leur corps se réduit en poussière. Une grande lumière fend le ciel et se perçoit à des kilomètres à la ronde. Philippe et Maëlle se rendent alors compte qu’ils sont au centre d’un cercle composé de tous leurs concitoyens mais aussi des villageois de Vibouque. Ils s’émerveillent de leur collaboration qui leur a permis de se révéler. Ils reconnaissent une nouvelle confiance dans leurs regards échangés.
Une semaine plus tard, Vibouque s’est organisé autour d’un nouveau conseil à l’image de l’éco-village. Il a été rebaptisé Vilibre.
À la lune suivante, les chiens ne jappent plus à la brunante.
La grande fête est une grande victoire. Tous les villages réunis célèbrent dans la joie et la fraternité.
C’est à ce moment qu’ils décident de rebaptiser la région : L’éco-village du Nouveau Monde !

Univers imaginaire et inventif

Ecrit en novembre 2016, durant le stage Créati-Vie-Sage.
Avec des membres parmi les ligues suivantes :
Directeurs éthiques et créatifs, Engagés responsables, Bâtisseurs du futur, Amoureux de l’ordre, Héroïsme, Amoureux du mouvement, Arts martiaux, Amis des anges, Serviteurs, Guérisseurs.
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